En Iran, les filles se tournent vers le karaté pour s’affirmer en société
- formationmmc
- 17 nov. 2025
- 2 min de lecture
Dans un pays longtemps réticent à la pratique des arts martiaux par les femmes, une nouvelle génération de combattantes bouscule les traditions.

L’Iran est en cours d’évolution. Dans un pays où la pratique des arts martiaux
par les femmes a longtemps été mal perçue, de plus en plus de filles suivent des
cours de karaté dès leur plus jeune âge.
Dans un gymnase du sud de Téhéran, le public exclusivement féminin ainsi
que les arbitres ont le regard figé sur deux fillettes en kimono, qui n’ont seulement
que 5 ans. Coup de pied de face, blocage de l’avant-bras de l’adversaire : ce sont les
mouvements des deux participantes. Au coup du sifflet final, elles se serrent la main
et s’enlacent.
Samaneh Parsa, fait partie du public. Elle est venue encourager sa fille
Helma. Elle pratique elle-même le karaté depuis 5 ans.
"Certains voient d'un mauvais oeil une femme qui a commencé le karaté à
mon âge et se disent : Quelle femme dangereuse ! Mais pour moi, ce sport m'a
concrètement apporté ordre et discipline dans ma vie et m'apporte une sérénité
particulière", explique-t-elle.
Avant la Révolution Islamique de 1979, les femmes pouvaient pratiquer les
arts martiaux. Une fois que le pouvoir religieux a remplacé la monarchie, plusieurs
pratiques sportives ont été interdites, et surtout mal perçues par la société.
Cependant, les femmes d’Iran souhaitent s’affirmer et espèrent avoir plus
d’autonomie. Alors, elles sont de plus en plus à pratiquer le karaté. À la suite de la
mort de Mahsa Amini en septembre 2022, ce mouvement a prit une ampleur plus
importante. La jeune femme avait été arrêtée par la police des mœurs pour avoir
prétendument enfreint le code vestimentaire.
Les équipes nationales Iraniennes de karaté junior, espoir et moins de 21 ans,
avaient dominé les championnats d’Asie au printemps et remporté 11 médailles, dont
6 en or. Au début de mois de novembre, Atousa Golshadnezhad a remporté l'or aux
Jeux de la solidarité islamique en Arabie saoudite.

Dans les clubs, elles "sont aujourd'hui presque aussi nombreuses que les
hommes", explique Afshin Torkpour, responsable pour l'Iran du kyokushin, un style
de karaté centré sur le combat au corps-à-corps. Le karaté leur permet de "gagner
en confiance" et de "développer un mental d'acier", assure-t-il.
Selon la fédération, entre 140 et 150.000 personnes pratiquent ce sport en
Iran tous sexes confondus. Des statistiques non officielles portent ce chiffre à près de
deux millions, d'après M. Torkpour.
Par Diana Manole
le 17/11/2025





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