C'est quoi le "brainrot" ?
- formationmmc
- 25 nov. 2025
- 3 min de lecture
Avez-vous déjà passé des heures à scroller des contenus absurdes, superficiels, si bien que vous avez l’impression que votre cerveau devient lent, confus, vidé ? Vous avez donc sûrement déjà été atteint de ce qu’on appelle le « brainrot ».
Qu’est-ce que le "brainrot" ?
Défini par le dictionnaire Collins comme l’impossibilité de penser clairement causée par une consommation excessive de contenu de basse qualité en ligne, c’est également le terme utilisé pour désigner ces mêmes contenus.
Le “brainrot” (littéralement "pourrissement du cerveau") désigne un état mental de saturation : après des heures passées à consommer des contenus numériques vides, absurdes ou répétitifs, on peut ressentir une perte de concentration, une démotivation cognitive, voire un sentiment de vide. Selon Healthline, cette exposition excessive à du “contenu en ligne trivial” (réseaux sociaux, vidéos courtes, etc.) peut provoquer un brouillard mental, une désensibilisation émotionnelle et des difficultés à faire des choix ou des plans sur le long terme. Taylor Nadler, dans son article « The Psychological Conditioning of Brainrot », explique que ce phénomène peut affecter la façon dont les jeunes (et pas que) utilisent leur attention, transformant l’usage des écrans en conditionnement : l’esprit s’habituant à des stimulations superficielles et rapides.

Pourquoi le cerveau “pourrit-il” sous cette forme de brainrot ?
- Algorithmes : Les plateformes (TikTok, Instagram, etc.) poussent des contenus très courts, séduisants, et souvent peu profonds, encourageant la consommation passive. Le but étant que le consommateur reste le plus longtemps possible sur la plateforme pour qu’il voie le plus de publicités possibles.
- Besoin de gratification instantanée : Ce type de contenu déclenche des pics de dopamine sans effort cognitif, ce qui peut renforcer un besoin constant de “scroll” peu exigeant.
- Surstimulation et saturation informationnelle : On croule sous une avalanche de contenus : pour certains, se tourner vers du contenu “léger” est un moyen d’échapper à la fatigue mentale.
- Conditionnement social : Selon Nadler, notre exposition répétée et non critique à ces contenus modifie progressivement notre “terrain mental” : on finit par adopter des habitudes cognitives façonnées par le flux numérique.
Quels effets sur le mental et la cognition ?
Effets positifs:
- Prise de conscience : reconnaître le brainrot peut pousser à limiter son usage d’écrans et à filtrer ses sources.
- Rééquilibrage : incite à rechercher des contenus plus profonds ou stimulants (lecture, réflexion, apprentissage).
Effets négatifs :
- Diminution de l’attention : difficulté à se concentrer sur des tâches exigeantes ou longues.
- Fatigue cognitive : sensation de “brouillard” mental, comme si l’esprit ne parvenait plus à penser clairement.
- Appauvrissement de la créativité : moins d’engagement avec des idées complexes, car l’esprit est habitué à des contenus très simples et rapides.
- Isolement des pensées : l’exposition répétée à des contenus “vide de sens” peut limiter le développement d’un discours intérieur riche ou critique. Certains articles critiques parlent même de “néant numérique” comme d’un phénomène de plus en plus normalisé.
Ainsi, le brainrot n’est pas seulement un “même générationnel” : c’est un mécanisme de conditionnement psychologique. En normalisant la consommation de contenus creux, nos habitudes cognitives se transforment, et notre capacité à penser profondément peut s’en trouver altérée. Comprendre ce phénomène, c’est prendre du recul face à la façon dont le numérique influence notre esprit et envisager des stratégies pour préserver notre clarté mentale.
Article rédigé par Aurelio BRUNO
Le 25 Novembre 2025





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